Opinion de CS-POP

OPTI-MA : un déséquilibre inacceptable.

Contrairement à ce que certains veulent faire croire, le programme d’économies OPTI-MA présente un déséquilibre inacceptable dans les efforts demandés. Les commentateurs, qui veulent faire l’opinion, se limitent à faire vibrer la corde populiste à laquelle les habitués de la table ronde du café du commerce sont sensibles : la suppression de 90 postes dans l’administration et l’enseignement, c’est un minimum.

Ces suppressions de postes sont envisageables. Mais il manque aujourd’hui deux conditions pour une entrée en matière de notre part. En premier lieu, les prestations qui vont être abandonnées, et qui entraînent la réduction des effectifs de la fonction publique, doivent être clairement identifiables par la population. Ce n’est pas le cas pour l’instant. L’opacité intolérable sur le travail de la table ronde se perpétue donc. Ensuite, les partenaires sociaux doivent être consultés sur ces mesures. Ce n’est pas le cas pour l’instant, contrairement à ce qu’a voulu affirmer le Gouvernement dans une communication aux employé-e-s de l’Etat. Cette consultation est incontournable. On ne comprend pas que les participants à la table ronde ne l’aient pas exigée dès la fin de leurs travaux. Pourtant, parmi eux, plusieurs ont récemment insisté sur l’importance du dialogue social pour justifier leur opposition à un salaire minimum. D’autres membres de la table ronde étaient favorables à ce salaire minimum, se réclamant même du mouvement social et syndical à l’origine de l’initiative. Les uns comme les autres, aujourd’hui, méprisent ce dialogue.

Pas que des postes supprimés

Ces suppressions de postes ne constituent pas l’essentiel des mesures d’économies annoncées. 99 des 141 mesures du programme n’entraîneront aucune diminution d’effectif. Des efforts seront demandés aux citoyen-ne-s. Certains sont intolérables, pour ne pas dire odieux.  Des réductions de l’aide financière cantonale sont prévues par exemple pour les prestations complémentaires AVS/AI, pour les institutions sociales et les services sociaux régionaux, pour le service de repas à domicile de Pro Senectute, pour l’Hôpital, pour la Fondation d’aide et de soins à domicile, pour le placement extra-familial, etc. Nous n’avons pas la place pour être exhaustifs, mais d’autres mesures scandaleuses socialement sont annoncées dans ce programme pouvant être consulté sur le site cantonal.

Dans le domaine fiscal, c’est pire. Il est faux de prétendre qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôt. Pour les salaires à 5 chiffres qui se félicitent quant au contenu du programme, ce sera sans doute le cas. Mais pour d’autres, moins bien lotis, ce sera le contraire. On va, par exemple, introduire un impôt minimal de 50 francs pour les contribuables qui aujourd’hui ne paient pas d’impôt ! On supprime aussi la déduction fiscale octroyée aux personnes veuves ou divorcées qui tiennent ménage indépendant. Tout cela juste après que le Parlement ait décidé de supprimer l’échelon supérieur des impôts, les réduisant de fait pour les plus fortuné-e-s. Par contre, on ne voit aucune mesure dans ce programme prévoyant de traquer dès 2015 les fraudeur-se-s qui n’auraient pas utilisé l’amnistie fiscale pour se mettre à jour.

Et l’esprit du Jura ?

Cette économie de plus de 35 millions se fera, c’est évident, sur le dos des plus faibles. Ce que nous n’accepterons pas. Nous refuserons aussi que les soutiens aux transports publics soient réduits. Et pour conserver encore un peu du souffle qui a présidé à la création d’un nouveau canton voici 40 ans, nous nous battrons pour un maintien dans la francophonie, un maintien de subventions dignes aux activités culturelles, un maintien d’une vraie politique de coopération et d’un vrai bureau de l’égalité.

CS•POP, d’emblée, a refusé de participer à la création d’un consensus boiteux destiné à cautionner des mesures souhaitées par la droite pour rétablir les finances cantonales, finances qu’elle dirige depuis l’entrée en souveraineté, avec des majorités solides tant au Gouvernement qu’au Parlement. Le déséquilibre social qui caractérise OPTI-MA ne peut en aucun cas être accepté. Il est temps que le débat démocratique s’ouvre et que les citoyen-ne-s qui n’ont pas encore eu la parole dans ce dossier puissent enfin s’exprimer.

Pour le comité de CSPOP, la totalité de ses membres : Jeanne Beuret, Paola Stanic, Thierry Cortat, Jean Parrat, Rémy Meury et Pierluigi Fedele.